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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 08:00

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     Scénariste et écrivain, la lyonnaise Delphine Bertholon est l'auteur des romans Cabine commune (2007), Twist (2008), L'effet Larsen (2010) et Grâce (2012), tous les quatre parus aux éditions Jean-Claude Lattès. Ou encore Ma vie en noir et blanc (2011), roman pour adolescents paru dans la revue "Je bouquine". Une plume vive, un style admirablement maitrisé, une construction parfaite, des thèmes souvent difficiles (la dépression, le deuil, le manque, l'enlèvement, la blessure amoureuse) mais toujours traités sous l'angle de l'espoir, les romans de Delphine Bertholon se vivent plus qu'ils ne se lisent. Vous êtes capturés dans le lasso de ses récits et ne deserrez plus l'étreinte avant la dernière page, happés par l'intrigue, envoûtés par ses personnages.

     Retrouvez la chronique que j'ai consacrée au dernier-né de Delphine Bertolon, Grâce, un thriller familial sur fond de maison hantée, en cliquant sur ce lien : Grâce, de Delphine Bertholon : le murmure des fantômes. Envoutant !

      Avec  beaucoup de gentillesse et de spontanéité, Delphine Bertholon a accepté de participer au Karinotron. Un GRAND merci à elle!

 

Le Karinotron de Delphine Bertholon :

1-Votre livre de chevet

Fragments d’un discours amoureux (Barthes), Amérique (Baudrillard) et La nuit remue (Michaux). Je les feuillette régulièrement, ils me touchent et sont sources d’inspiration. Mais en fait, je lis essentiellement aux terrasses des cafés ; mon lit est plutôt réservé aux films...

 

2- Vos lectures

Surtout de la littérature contemporaine, après avoir lu pendant mes études beaucoup de classiques (formateurs - Hugo et Dostoïevski en tête !) J’ai un faible pour le roman américain (Roth, Oates, Salinger, Brautigan, Easton Ellis, Fante, Safran Foer…), dont j’admire l’ambition romanesque et, souvent, la drôlerie. Je suis également une inconditionnelle d’Haruki Murakami ; si je lis moins les Français (mais je me soigne !), j’aime beaucoup le travail de Régis Jauffret. Murakami et lui ont en commun un sens de l’image singulière, une vision noire et sensuelle de la féminité, un goût des univers mouvants dont je me sens proche.

Terrible, tous ces livres à lire - et tous ceux que je voudrais relire, vu que j’ai une mémoire de poisson rouge. J’aimerais plusieurs vies rien que pour ça !

 

3-Votre façon d'écrire

Je n’écris pas tous les jours, loin de là ; mais quand je travaille sur un roman, lorsque que je suis dans une histoire, je deviens obsédée : j’oublie de déjeuner, je dors avec un carnet, je ne lis plus du tout (mais je vais au cinéma !) Tout ce que je vois, fais ou entends passe dans « l’entonnoir » de la fiction. Concrètement, je « vais et viens » entre mon ordinateur et le café d’en bas ; je rédige un premier jet, puis je l’imprime et re-travaille sur papier. Cette distance entre soi et le texte, au sens physique, m’est nécessaire. Et puis comme ça, je sors de chez moi – d’autant qu’au bistrot, on n’est jamais à l’abri d’attraper un détail (conversation, look ou mésaventure) qui passera dans le fameux entonnoir ! Les écrivains sont aussi des voleurs de vie…

 

4-Votre rapport aux lecteurs

Proche, autant que possible. Si je ne suis pas une grande fan des salons du livre, avec leur côté « foire aux bestiaux », j’aime beaucoup les rencontres en petits comités – librairies, bibliothèques – grâce auxquelles on peut vraiment rencontrer les gens, échanger… Je me suis rendue compte que je comprenais beaucoup mieux mes livres grâce aux lecteurs, à leurs remarques, leurs questions… On écrit, en partie, pour soi ; mais pas que, sinon on se contenterait de tenir un journal. Etre compris par l’autre, l’avoir touché, amusé, intéressé, ou même énervé - en cela réside aussi (surtout ?) le bonheur d’écrire.

 

5- votre prochain livre

Les deux prochains livres que je lirai seront à coup sûr 1Q84, tome 3, et Claustria de Régis Jauffret. Le prochain que j’écrirai…n’existe pas encore. Grâce est sorti il y a peu et j’ai toujours besoin, entre deux textes, d’un sas de décompression. Je m’investis si profondément dans mes personnages qu’il me faut, chaque fois, un peu de temps pour m’incarner dans d’autres…

Par Koryfée - Publié dans : Le Karinotron avec...
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 08:00

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Des chiffres et des litres, Rachid Santaki

Editions Moisson rouge, Mars 2012


Quatrième de couverture

     Alors que s'achève la construction du Stade de France et que s'annonce la prochaine coupe du monde de football, Saint-Denis s'apprête à vivre une furieuse bataille pour le contrôle du trafic de drogues, opposant caïds à l'ancienne et jeunes rageux.
     Hachim est un ado brillant, bon élève, curieux. Passionné de culture Hip Hop, il se destine à une carrière de journaliste spécialisé. Pourtant, les logiques de quartier, sa situation familiale et son admiration pour Houssine, caïd de Saint-Denis et figure paternelle, lui feront embrasser une autre voie. Mais dans les pas de son mentor, il se rendra compte, trop tard, qu'il n'est pas taillé pour ça.

     Parcours initiatique, récit poignant d'une destinée déraillée, Des chiffres et des litres nous plonge dans le Saint-Denis en ébullition de 1998. Tandis que Zidane et les Bleus font rêver les Français, l'argent fait tourner la tête des jeunes ambitieux. Entre caïds, soldats, flics ripoux, trahisons, règlements de compte, prison, combats de chiens, il faut être le plus malin pour rester en vie.

 

L'auteur : 

     Ancien éducateur sportif de boxe thaïlandaise, fondateur du magazine 5Styles, et lauréat du prix Espoir de l'économie de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris en 2006, Rachid Santaki est très impliqué dans l'associatif et a ainsi cofondé le Syndikat et Saint-Denis Positif. Il a publié Les Anges s'habillent en caillera, son premier roman, en 2011.

 

 Et voici d'ores et déjà la vidéo associée à ce roman, vidéo mise en chanson par Mac Tyer ! Ou quand littérature, musique et cinéma s'unissent pour le meilleur !

Informations Pratiques : 

Prix éditeur :   16,50€

Nombre de pages : 239

ISBN : 979 1090 478022

 


Par Koryfée - Publié dans : En cours de lecture
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 08:00

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Si tu existes ailleurs, Thierry Cohen

Editions Flammarion, mai 2012

 

Une énigmatique prophétie

 

      Il lui lâcha la main et traversa la route. Crissements de pneus. Coups de klaxon. Cris. Parvenu sur le trottoir d'en face, l'enfant se retourna. Sa maman gisait sur la route, tuée par une voiture en voulant le rattraper. En une poignée de secondes, son enfance et son insouciance ont été fauchées.

      Trente ans plus tard, la blessure de Noam demeure béante, son sentiment de culpabilité prégnant. Certes, il y a bien eu une éclaircie dans le ciel de son âme sombre, avec ce philosophal amour pour Julia. Mais ce rayon de soleil dans sa vie a été bien fugace. Julia l'a quitté. Et sa vie de n'être que survie au milieu de ses vieux démons, de ces angoisses qui l'oppriment comme un étau, de ces manques affectifs qui le privent d'oxygène. Il les consigne dans son carnet de confidences, tente d'exorciser ses maux en les habillant de mots. En vain. Noam se résigne à ce que l'avenir se colore aux teintes noires du passé. Comme une fatalité à laquelle il ne peut échapper.

      Pourtant, les propos étranges de sa nièce Anna, âgée seulement de trois ans, vont provoquer un séisme dans son existence : «  Tu vas mourir du coeur en même temps que cinq autres personnes. » Que veut-elle dire? Faut-il accorder un quelconque crédit à la déclaration de la fillette? D'où lui vient cette soudaine « illumination »? Déstabilisant. Incongru. Effrayant.

      Noam tente de se rassurer. Mais lui qui est déjà hanté par des idées morbides ne peut échapper à ceux de l'annonce de sa mort. Il les rejette à grands renforts de raisonnements, ils lui reviennent tel un boomerang. Et de décider d'investiguer. Et de devenir à ce moment-là acteur de sa vie. Enfin.

      Une psychologue aux pratiques singulières, Linette Marcus, lui assure que l'annonce de sa nièce n'a rien d'ubuesque mais repose sur une théorie avérée: la prophétie des innocents. Dans notre monde où l'agressivité, la rivalité, la lutte pour le pouvoir se substituent souvent à l'entraide, aux relations pacifiées, à l'amour, les prophètes n'ont pour seul recours que les enfants et les handicapés, âmes nobles et pures par excellence, pour transmettre leurs messages. Anna aurait donc été « élue » pour lui délivrer une vérité.

      Entre mysticisme et cartésianisme, Noam se bat pour découvrir la clef du mystère, retrouver ses cinq autres compagnons d'infortune. Une course contre la montre s'engage dans laquelle le lecteur s'engouffre en apnée. Impossible de reprendre son souffle. Impossible de quitter Noam des yeux. Impossible de reposer le roman avant la fin.

      La construction est magnifique et d'une maitrise remarquable. Cette alternance entre présent et passé, carnet de confidences et propos mystérieux de cette personne qui demeure inconnue jusqu'à la toute fin, est menée avec brio. Ce n'est plus un mais plusieurs mystères qui s'entremêlent, qui attisent tels des soufflets puissants le feu de notre curiosité. On s'embrase avec Noam, on a envie de comprendre, de savoir, on tremble, on s'émeut, on s'attendrit. On devient le caméléon des émotions, riches, véhiculées par l'auteur.

      Pas de doute, Thierry Cohen est un passeur d'émotion extraordinaire. A lire !!!


Par Koryfée - Publié dans : Lu par Koryfée
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 08:00

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Mon père, c'était toi?, de Vincent Pichon-Varin,

Editons du Cherche Midi, mai 2012

 

En quête de « re-père ».

 

       Quelques mots ce matin-là suffisent à réveiller ses maux. Quand Gilles relève le courrier et trouve une lettre adressée par un notaire normand, une étrange prémonition le gagne. Et si cette lettre avait un rapport avec l'Absent? Car Gilles, malgré une vie de couple épanouie, une petite fille adorable, n'a jamais cicatrisé de cette blessure invisible mais ô combien térébrante : l'absence d'un père. Il a dû de fait grandir sans ce tuteur paternel. Faute de l'avoir connu, Gilles est devenu un quadra hypersensible, abandonnique, dénué de cette armure si belle et si puissante que constitue l'amour d'un papa.

     Mélange d'impatience et d'appréhension. Ce rendez-vous chez le notaire pourrait-il avoir un rapport avec son géniteur, pourrait-il lui fournir les pièces manquantes du puzzle de ses origines? Car les éléments fournis par sa mère Monica lorsqu'il avait 13 ans sont bien maigres et ce sujet tabou depuis.

     Alors... Alors Gilles prend ce train vers Saint-Aubin, et découvre qu'un certain Pierre Chantôme, récemment décédé, lui lègue ses biens, au nombre desquels un somptueux manoir. Pierre Chantôme, son père. Enfin un nom sur l'Absent. Enfin un repère. Enfin un manque en partie comblé. Et Gilles de décider de s'installer avec toute sa tribu dans cette vaste demeure : sa femme Lucie, leur fille Honorine, sa mère Monica et les cinq colocataires octogénaires qui vivent avec cette dernière. Le mystère de ses origines est désormais résolu. Gilles respire.

     Mais ce soulagement est de courte durée. Très vite, apparaissent des éléments troublants. Pas de photo dudit père, un manoir dont le choix des éléments présents semble avoir fait l'objet d'une mise en scène, des voisins étonnés de l'existence d'un fils caché, des proches du défunt qui ne trouvent aucune ressemblance physique entre Gilles et ce Pierre Chantôme, une affiche de spectacle retouchée... Loin de s'éclaircir, le mystère s'épaissit. Mais si près du but, Gilles ne saurait s'avouer vaincu.

     Et de mener son enquête.

     Avec un style parfaitement maitrisé, une écriture fluide et rythmée, Vincent Pichon-Varin nous entraine dans cette quête des origines, en compagnie de personnages indiciblement attachants. Un roman qu'on ne lâche pas des mains.

Par Koryfée - Publié dans : Lu par Koryfée
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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 08:00

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          Tout d'abord pigiste pour de nombreux journaux et magazines ( Le Nouvel Observateur, Elle, Le Figaro Magazine, ...) où il rédige des articles dans des domaines culturels divers (cinéma, musique, ...), Gilles Paris se dirige peu à peu vers l'édition où il sera attaché de presse et directeur du service de presse de grandes maisons (JC Lattès, Plon, ...). Et c'est en 2006, qu'il lance sa propre agence de communication, laquelle porte son nom, spécialisée dans l'édition. Autant dire que la littérature et Gilles Paris, c'est une belle et longue histoire d'amour!

     Ne lui restait plus qu'à mettre la plume à l'encrier. Ce qu'il a fait avec brio, auteur de trois romans très remarqués et remarquables.  Papa et maman sont morts (édition Point-Virgule 1991, réédité chez Points Seuil 2012), Autobiographie d'une courgette ( éditions Plon 2002 et J'ai lu; Prix de la mairie du XVIIème ) et Au pays des kangourous (Editions Don Quichotte 2012; Prix Coeur de France).

     La plume de Gilles Paris? Unique. D'une sensibilité aussi vibrante que belle. Viscéralement humaine, à l'image de l'auteur. Une plume qui a ceci de particulier qu'elle emprunte la voix d'un enfant de neuf ans, avec une justesse de ton sidérante, un regard neuf, pur et avide de connaissances sur le monde qui l'entoure. Une plume terriblement attachante sur les ailes de laquelle le lecteur s'envole avec émotion. Et peine à atterrir la lecture finie...

     Retrouvez la chronique que j'ai consacrée à son dernier né, Au pays des kangourous en suivant ce lien :  Au pays des kangourous, de Gilles Paris : Un anticyclone sur la dépression avant... de vous précipiter à la librairie la plus proche pour vous le procurer!

 

Le Karinotron de Gilles Paris  : 


1-Votre livre de chevet

 

Portrait d’un mariage de Nigel Nicolson (Stock) une grande liberté de couple et d’esprit, le souffle romanesque, une folie douce, l’élégance, la création, comment ne pas relire sans fin ce merveilleux livre à deux voix, celle de Vita Sackville-West et de son fils, Nigel Nicolson ?

 

2- Vos lectures

Je commence L’écrivain de la famille de Grégoire Delacourt (JC Lattès), après avoir lu et adoré La liste de mes envies, un roman qui laisse songeur au bon sens du terme. J’aime ces romans qu’on n’oublie pas une fois lus. J’ai beaucoup aimé aussi C’est pour ton bien d’Alma Brami (Mercure de France), une belle écriture ciselée dans un univers âpre.

 

3-Votre façon d'écrire

J’ai besoin de partir pour écrire, loin si possible, et seul. Au bord de la mer de préférence. Un regard sur la profondeur de la page, un autre sur la mer qui m’inspire. Je peux travailler du matin tôt au soir tard sans m’arrêter. A condition d’avoir mes cigarettes et une bouteille d’eau à portée de main. Du chocolat noir en tablette et mes CD, car j’écris toujours en musique. J’ai le sentiment que la musique peut donner du rythme aux phrases…

 

4-Votre rapport aux lecteurs

Au cours des rencontres en librairie et dans les salons en province. J’essaye de tout donner dans ces rencontres qui comptent beaucoup pour moi. Quels que soient les lecteurs, qu’ils me découvrent ou non. Il y a de la magie dans ces déplacements qu’aucune photo ne suffirait à fixer.

 

5- Votre prochain livre

J’ai commencé une nouvelle histoire qui se déroulera en un été, dans le sud de la France. Des vacances que Victor, 9 ans, ne sera pas prêt d’oublier. Il y sera question d’un été caniculaire, de deux jumeaux Nathan et Tom, d’un sentier des douaniers peu ordinaire, et de deux mamans… Je n’en dirai pas davantage !

 

     Dans l'attente fébrile de découvrir le prochain roman de Gilles Paris, je vous invite à aller découvrir son magnifique site :  présentation de ses oeuvres, extraits desdits romans, présentation de l'auteur, de quoi vous mettre l'encre à la bouche! http://www.gillesparis.net/

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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 08:00

 

 

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Si tu existes ailleurs, Thierry Cohen

Editions flammarion, mai 2012

 

Quatrième de couverture

Une seule femme a compté pour lui.

Un seul drame l'a anéanti.

Une simple phrase bouleverse sa vie : une prédiction étrange, faite par une enfant, qui lui révèle comment et avec qui il va mourir. Noam s'engage alors dans une quête effrénée pour trouver les réponses aux questions qui le hantent. Une aventure qui le conduira aux limites de la raison, là où la vie peut prendre fin... et où l'amour peut renaître.

Informations pratiques

Prix éditeur : 19,90€

Nombre de pages : 328

ISBN : 978 2 0812 6303 1

Par Koryfée - Publié dans : En cours de lecture
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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 08:00

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Mon père, c'était toi ?, Vincent Pichon-varin

Editions du Cherche Midi, Mai 2012


Quatrième de couverture :     

 À 40 ans passés, Gilles hérite de la maison d'un père inconnu et part sur ses traces.

     Vendeur de chaussures pour femmes au Bon Marché le jour, transformiste dans un cabaret de Montmartre la nuit, il partage son existence avec Lucie, leur fille Honorine, sa mère Monica et les cinq vieux colocs de celle-ci : Blanche, Paul, Kathy, Odette et Jean.

     Gilles embarque la troupe au grand complet à la découverte de son héritage et à mesure que le voile se lève sur certaines zones d'ombre de son passé, Gilles se sent de plus en plus vivant. Mais au fil de ses découvertes, certains détails viennent troubler ses nouvelles certitudes. Cette mise en scène trop évidente semble masquer la vérité. 

Informations pratiques :

Prix éditeur :17€

Nombre de pages : 266

ISBN : 9782749 126081             

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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 08:00

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Grâce, de Delphine Bertholon

Éditions Jean-Claude Lattès, mars 2012

 

Le murmure des fantômes

 

      1981 : Grâce, 34 ans, avait jusqu'alors apparemment tout pour être heureuse. Un mari qu'elle aime d'un amour absolu, deux enfants, un travail. Mais ce bonheur n'est-il que vernis? Car elle ressent avec une acuité de plus en plus douloureuse l'éloignement de son mari, Thomas. Éloignement pour des raisons professionnelles, car ce dernier est représentant en électroménager et sillonne les routes, mais pas seulement. Éloignement affectif aussi. Et la venue de la toute jeune et séduisante fille au pair d'origine polonaise, Christina, de ne pas y être étrangère. Christina, Grâce en est convaincue, constitue un réel danger pour son couple. Et tombe en état de disgrâce. Pourquoi cette crainte à l'endroit de la jeune femme? Quelle est cette brèche qui a fragilisé leur couple au point de les rendre étrangers l'un à l'autre? Qui est donc cet Aurélien Bataille dont le prénom n'est jamais prononcé? Besoin de parler, d'habiller ses maux de mots. Alors Grâce écrit à son fantôme de mari des lettres qu'elle ne lui postera jamais.

 

      Noël 2010. Quand Nathan rejoint sa mère, Grâce, et Lise, sa soeur, pour les fêtes de fin d'années, l'ambiance de la maison familiale a changé. Quelque chose d'indéfinissable mais pourtant de bien palpable, rend l'atmosphère étrange, lourde. Des évènements inquiétants surviennent dans cette maison réputée être hantée. Et d'apprendre que son père, disparu de la circulation trente ans plus tôt, a refait surface. Une disparition auréolée de mystère, de non-dit. Une absence présente dans les esprits de tous mais inexistante dans les propos.L'heure est désormais venue de s'expliquer, de comprendre. Et Nathan pour ce faire, de dialoguer en pensées avec sa défunte femme, Cora, celle qu'il a tant aimée, celle qui lui a donné deux beaux enfants. Celle, la seule, qui a su dissiper en lui, le temps de leur relation, cette angoisse térébrante d'abandon. Son amour devenu fantôme suite à son décès en couches.

 

      A trente années d'intervalle, Delphine Bertholon nous invite à découvrir le dialogue virtuel entre Grâce et son fils Nathan, à pénétrer au coeur des secrets de famille, à entendre bruire les non-dits. De rebondissement en rebondissement, l'auteur nous entraine en apnée dans un thriller psychologique magistralement mené.

      De fait, il est impossible de ne pas succomber à la grâce folle de la plume de Delphine Bertholon... Envoutant!

 

P. 273 : J'ai passé ma vie à t'attendre, quand il aurait fallu que je ne cesse jamais d'être attendue par toi.

Sans arrêt, on se trompe.

 

 

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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 08:00

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Grâce, Delphine Bertholon

Editions JC Lattès, avril 2012

 

Dès que je passai le seuil de la maison, je sus que quelque chose n'allait pas.

1981. Dans la campagne beaujolaise, Grâce Marie Bataille, trente-trois ans, vit avec ses, enfants au rythme des retours de son mari lorsqu'une jeune fille au pair polonaise vient perturber une vie jusque-là tracée à la craie...

2010. Nathan, son fils, la retrouve pour fêter Noël. Mais cette année, tout est différent.

Avec une maîtrise narrative magistrale, Grâce invoque les fantômes, les secrets, les non-dits familiaux, et nous plonge dans une atmosphère aussi trouble qu'envoûtante.

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 18€

Nombre de pages :356

ISBN : 978 2 7096 3784 8

Par Koryfée - Publié dans : En cours de lecture
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 08:00

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Quand reviennent les âmes errantes, François Cheng

Éditions Albin Michel, avril 2012.

 

      Quand reviennent les âmes errantes est un sublime drame choral à trois voix. Celui d'une femme Chun-niang, appelée dame Printemps, et de deux hommes, Jing Ko et Gao Jian-li, tous deux amoureux d'elle.

      Un ouvrage qui nous invite à nous interroger sur la passion des êtres humains dans toutes ses acceptions, sa noblesse et ses dangers : passion d'amitié, passion d'amour mais aussi passion pour les richesses, pour le pouvoir, pour la domination ou pour la possession. Car comme le souligne fort brillamment François Cheng, une amitié de même qu'un amour vrais, élèvent les âmes, les éclairent. Si d'aucuns ont le pouvoir de séparer les corps, personne n'a la possibilité d'enfermer les âmes, de les séparer. « Plus longue est l'absence, plus ardent devient le désir de l'attente. Pour peu que s'offrent un jour les retrouvailles, les coeurs épris, irrépressiblement, s'embraseront. » Cependant, il est des passions qui exaltent les instincts les plus vils de l'être humain. Rien de noble ici. L'humain devient inhumain. La soif de possession, de puissance est alors à l'origine de guerres inscrites en lettres de sang.

      Et c'est là que la petite histoire rejoint la grande.

      Chun-niang, Jing Ko et Gao Jian-Li forment un trio inséparable. Les deux hommes aiment passionnément Dame printemps, et réciproquement, sans que cela ne suscite de jalousie ni de sentiments mesquins entre eux. Jing Ko, valeureux guerrier incarne le Yang. Gao Jian-Li, artiste joueur de Zhou, symbolise le Yin. Une complétude, une synergie qu'ils vont mettre au service de la lutte contre la tyrannie, le despotisme ambiant. Au péril de leur vie. Mais si Chun-niang demeure physiquement seule, ses deux amours morts au combat dans d'horribles souffrances, chaque nuit de pleine lune, les âmes errantes des deux hommes viennent lui rendre visite et lui parler. «  L'âme? C'est bien par elle que la vraie beauté d'un corps rayonne, c'est par elle qu'en réalité les corps qui s'aiment communiquent. »

     Et ce sont ces dialogues nocturnes, empreints de sagesse, de poésie, d'une réflexion juste, profonde et sensible, que nous dessine la plume experte du calligraphe, poète et romancier François Cheng.

     Remarquable.

 

P. 46 : «  La grande affaire pour un artiste, j'en suis persuadé maintenant, c'est d'entendre et de donner à entendre l'âme qui l'habite et qui résonne de fait à l'âme cachée de l'univers. »

 

P. 52 : «  Si l'amour enseigne le don total et le total désir d'adoration, l'amitié, elle, initie au dialogue à coeur ouvert dans l'infini respect et à l'infini attachement dans la non-possession. »

 

NDT :les évènements relatés dans cet ouvrage ont eu réellement lieu dans la seconde moitié du troisième siècle avant notre ère.

Quant à ce qui s'est passé du côté des âmes, cela relève d'un autre ordre, d'une autre histoire...

Par Koryfée - Publié dans : Lu par Koryfée
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