Jeudi 5 juillet 2007
La-mousson.jpg
 
Larges baies vitrées, joli parquet, murs d’une blancheur nivale, je tombai immédiatement sous le charme de cet appartement. Et d’ores et déjà d’imaginer comment je pourrais y apporter ma touche nippone et en faire un petit nid soyeux. 
                Quelques tours de baguette plus tard,  l’Asie et moi avions investi les lieux.
Seulement voilà : qui dit appartement, dit voisin. Et dans mon cas : voisine…
Native d’Extrême-Occident - que d’aucuns nomment Bretagne, ma voisine dut penser que j’avais la nostalgie du pays. Or malgré la dérive des continents amorcée par le réchauffement climatique, il paraissait quelque peu illusoire que la Bretagne s’annexât à Paris, tout du moins avant quelques siècles. Elle eut alors une idée, comment dire… de « Génie » : lessiver son linge et par la même occasion… mon appartement. Une lessive qui, contrairement au slogan publicitaire du produit éponyme, me fit bouillir. Qu’elle eût recréé dans mon appartement un microclimat breton, avec crachin d'eau de lessive,  ne me convenait guère - oui, je sais, je fais parfois montre d’une ingratitude inqualifiable, je vous le concède.
Chaussures, kimonos, dossiers, livres, estampes, éventail, ombrelle nippone, origamis se transformèrent en jonques tandis que je pataugeais dans la rizière. Faute d'avoir été prévenue, je n'avais même pas semé de riz, de sorte que je ne pus espérer la moindre récolte. Je ris jaune. Tout ce que je récoltai les semaines suivantes furent des champignons sur la tapisserie,  mémoire des murs après ces déluges. Un climat humide qui le demeura des mois durant, à l’opposé de celui, sec, de mes relations avec l’occupante du dessus.
 
Désireuse de s’amender après la dure mousson hivernale, dans sa légendaire bonté ma vénérable voisine  m’offrit des vacances exotiques. Je connaissais le camping à la ferme, le camping sauvage, je découvris une formule inédite : le camping dans l’appartement. La formule idéale ! Pas de frais de transport ni de location, pas d’embouteillages sur les routes et dépaysement garanti. Pendant que les ouvriers s’affairaient dans les pièces voisines, je me retrouvai sur mon futon, véritable île autour de laquelle gravitaient d’étranges archipels, tels l'électroménager, le réfrigérateur, la vaisselle, les vêtements, le mobilier, le canapé, les bibliothèques, les bibelots et autres îlots. Une chambre-camping tout en un qui vous évite le moindre effort : tout est à portée de baguette ! Et fini l’air vicié de la capitale, vive l’air vivifiant de la peinture et de la colle ! Quant à vous ennuyer, que nenni, c’est du camping quatre baguettes au guide Michelin, avec animations originales ! Le silence bienvenu lié à la désertion de la capitale par les aoûtiens fait place au concert des coups de marteau, aux chants du grattage, du ponçage, au ballet des ouvriers et de leur matériel. Les v-a-c-a-n-c-e-s !
Les ouvriers partis, vous reconstruisez grain de riz par grain de riz votre antre nippone, et ,l’hiver venu, … votre voisine récidive !

                Vous qui partez en vacances, faites comme moi pour la QUATRIEME année consécutive (oui, quelle injustice, je ne figure toujours pas au livre des records), campez dans votre appartement !
 
P(ériode) S(oldes) : Cède voisine. Affaire à saisir, en cas de canicule, vous serez hydratés !
 
 
                                               Koryfée



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Mon grand appartement, de Christian Oster (Prix Médicis 1999)
Editions du Livre de Poche (mars 2007)
 
Tout commence pour Gavarine par une double perte : celle des clefs de son (grand) appartement, et celle de sa compagne. Son cœur comme son logement se retrouvent dès lors bien vides. Et c’est dans de somptueuses digressions qu’il va nous relater le vide amoureux, « le presque vide, le presque rien, le peu qu’il sauve ». Face à tous ces malheurs qui pèsent sur le quotidien, Gavarine ne se laisse pas abattre mais au contraire oppose un flegme savoureux, non dénué d’humour. Il décide de laisser faire le hasard, lequel va le conduire à croiser la route du bonheur en la personne de Flore, une femme enceinte. Et de décider instantanément non seulement qu’elle sera la femme de sa vie, mais qu’il sera le père de cet enfant. Une rencontre qui en l’espace de vingt petites minutes va changer son destin.
 
C’est dans un véritable état de jubilation que j’ai suivi les divagations de cet attachant personnage et ses incessantes réflexions intérieures. Un roman fluide, dans lequel on sent la vérité de l’expérience, où les clefs perdues de l’appartement nous offrent d’autres clefs sur l’existence.   
 
Citation :
 
« L’amour, c’est ce qui manque le plus à ceux qui aiment. »






La-m--moire-des-murs.gif
La mémoire des murs, de Tatiana de Rosnay
Editions Pocket (2005)
On savait que les murs avaient des oreilles. Avec ce roman, on découvre qu’ils parlent aussi...
De fait, ces murs m'ont parlé, envoûtée, happée. Car les lieux ont une âme et un langage pour qui sait les écouter. C’est ce que va constater Pascaline, l'héroïne du récit, tandis qu'après son divorce elle s'installe dans ce nouveau logement. Un malaise la gagne, à croire qu'en ces lieux se sont déroulés des évènements tragiques dont l'empreinte est présente partout. Et d'investiguer. Et de percer le secret de ces lieux, d'entendre le mumure des murs. Or ce qu’ils lui susurrent va raviver en elle des blessures jamais cicatrisées. Quelle est donc cette douleur qui la hante ? Comment parviendra t-elle à l'apaiser ? Y parviendra t-elle seulement ?
Tatiana de Rosnay nous montre qu'il est impossible de faire l'économie d'un deuil, que toutes les blessures et les rancoeurs refoulées resurgissent un jour et nous obligent à les affronter.
 
Un roman qui mêle avec dextérité suspens psychologique et émotion à fleur de plume. Et le coeur du lecteur de battre la chamade. Et les larmes de lui monter aux yeux.
Un livre captivant, poignant, qui se lit d'une seule traite.
par Koryfée publié dans : La baguette de Koryfée
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Commentaires

chouette ! des livres pour les vacances !
commentaire n° : 1 posté par : yoyostereo™ (site web) le: 09/07/2007 08:16:14
Oui, de la lecture avec un vif encouragement à te glisser entre les pages de "la Mémoire des murs" (en plus, existe en version poche donc idéalement transportable), lequel manie avec dextérité suspens psychologique et sensibilité à fleur de texte. Je l'ai littéralement dévoré, les yeux aimantés aux pages, le coeur battant. C'est le drame d'une mère qui... mais je ne peux en dire plus sans risquer d'en dévoiler l'intrigue .  Non, non, je ne dirai rien, même sous la torture ! ... Comment ? Pas même en l'échange de mon poids en chocolats ? Euh, voilà qui est à reconsidérer. ;-)
Signé : koryfée-sa-gourmande
réponse de : Koryfée (site web) le: 09/07/2007 11:08:27
J'aime beaucoup le mélange nouvelle/critique litteraire. Une très belle manière de mettre en exergue un coup de coeur (d'ailleurs, j'ai l'impression que tu es une boulimique de lecture !)

Après Paris-plage, Koryfée-son-camping. Tant pis pour les vacances mais tant mieux pour nous, tu pourras nous abreuver de ta prose.

PS : j'adore le "Quant à vous ennuyer, que nenni, c’est du camping quatre baguettes au guide Michelin, avec animations originales !" J'en ai riz, sous-riz.
commentaire n° : 2 posté par : DCANCY (site web) le: 09/07/2007 10:00:37

Ravie que cette formule te plaise, David !
J'avais envie de faire part de mes coups de coeur littéraires (oui, je suis une boulimique de lecture, mais j'ai découvert pire que moi, petite joueuse que je suis avec en moyenne 2 livres/semaine) ...sauf que d'autres ont déjà créé de tels sites et le font mieux que moi.
J'avais aussi envie de laisser s'exprimer ma plume dans des textes pompeusement appelés "nouvelles", ...sauf  que là aussi, d'autres ont créé des sites de nouvelles et le font bien mieux que moi.

Alors, impasse ? "Never surrrender !" dirait Tatiana ;-)  J'ai donc cherché une formule non encore exploitée à ma connaissance, celle d'un texte dont le thème mènerait vers le livre plébiscité. Recette koryféenne.

Quant aux vacances offertes par la voisine du dessus, ce sera en août ( "on s'était dit, RDV dans 10 ans, même jour , même heure..." Elle ne doit pas connaître Patriiiiiick Bruel, ma voisine, car elle me donne RDV CHAQUE année depuis 4 ans ! Une fidèle, moi je te le dis . Et quelle ingrate je fais en m'en plaignant, n'est-ce pas ?). Après Koryfée-son-camping, ce sera Koryfée-son-méchoui : au menu, la voisine du dessus sur la broche ! Et pour "allumer, le feu, allumer, le feu " (koryfée-sa-Johnny-Hallyday ), des notices d'utilisation de machine à laver :))

Dommage que tu ne sois pas petite sou-riz pour voir mon camping quatre baguettes ! Il y a même des attractions sportives avec un parcours d'obstacles pour passer d'une pièce à l'autre ( et sans toucher murs et portes au risque de reteindre ses vêtements !)

Signé : koryfée-des-siennes

réponse de : Koryfée (site web) le: 09/07/2007 13:04:39
Si j'ai bien compris, à Koryland, c'est Luna Parc, les Flots bleus réunis? J'amène les saucisses et les brochettes ! Pitetre aussi le tablier aussi histoire de rester propre.

Pour la formule (sans baguettes avec fourchettes svp), tu t'en tires avec les honneurs. Ne change pas la recette, manque juste le rab. Mais pourquoi ne pas ajouter également des livres que tu as moins aimés ? Même si ce serait moins Koryfée-et-riz ;)

En tous cas, avec deux livres par semaine, tu arrives à trouver le temps d'écrire. Chapeau ! Perso, ce dit être ma consommation mensuelle. A quand le tien, de long justement ? Et ne dis pas qu'il ne traine rien de cela sous ton lit.
commentaire n° : 3 posté par : DCANCY (site web) le: 09/07/2007 16:08:59
  "Koryfée-riz ", "Koryland"  : excellentes trouvailles, David, que je me permettrai vraisemblablement de semer dans la rizière de mes nouvelles un jour où l'autre !  Et Koryfée de rire en te lisant (je fais ma Alain Delon, je parle de moi à la troisième personne... Est-ce grave ?)

Pour répondre à ta suggestion, si je n'évoque pas les livres que je n'ai pas aimés, c'est parce qu'il y en a tant que j'ai dévorés qu'il serait dommage de ne pas les évoquer pour céder la place aux décevants... Mais qui sait, un jour ?

Quant au riz long grain, l'eusses-tu cru -tu es décidément incollable-, il y en a partout en effet dans mes tiroirs et sous mon lit !   Hum, ton inspecteur Arnaud Magne serait-il venu enquêter ici ?  Il n'y a que dans la rizière du blog que je sème du riz court, car j'ai d'ordinaire j'ai besoin de longueur, de temps pour écrire. Les nouvelles (terme pompeux pour parler de mes préambules)  ne correspondent donc pas à "mon format " . Je m'emploie depuis récemment  à essayer de faire quelque chose de ces éc-riz, cherche un amateur  de long grain (mangeant avec ou sans baguette, je ne suis pas difficile ), mais , et tu es bien placé pour le savoir, ce pa-riz que l'on se lance, n'est pas évident à gagner.  N'est pas a-riz-vé cependant, celui qui va me décourager ! Foi de Ko-riz-fée !

Signé : Ko-riz-fée ;-)
réponse de : Koryfée (site web) le: 09/07/2007 20:17:15
Riz ou c'est-le-riz, Asie ou France, que de dilemmes pour une extrême Occidentale exilée. A mon avis, le meilleur manière de cuire est façon créole. Mais là, je m'égare... Tu parlais de long grain.

Mais avant la fin de cuisson, tu ne veux pas nous tenir au jus? Depuis le temps que tu as l'air de préparer tout ça, j'ai faim ! Tu m'as mis l'eau à la bouche. Au moins à quelle sauce on va manger.

PS : complètement hors sujet mais tu sais comment on surnommait Bernard Kouchner ? Le VRP Taureau Ailé... bon OK, je sors...
commentaire n° : 4 posté par : DCANCY (site web) le: 10/07/2007 18:23:20

Riz ou c'est-le-riz (j'ai hurlé de riz-re, David ! ), moi je réponds : riz ! Car à force d'éc-riz-re sur le riz, j'ai attrapé une gastro-enté-riz-te ! Et de devoir manger du riz et boire de l'eau de riz. Riz-res jaunes... 
Question à un kilo de riz  (rond, long, Thaï, Basmati, au choix) : à ce régime, vais-je finir par avoir les yeux b-riz-dés ?  En tout cas, te lire m'aura dé-riz-dée !

Non, pour le riz long grain, superstition oblige - je ne suis pas native d'extrême-Occident pour rien, terre des superstitions et des légendes-, pas le droit de soulever le couvercle de la casserole avant la fin de la cuisson.  Sinon, c'est cuit ! Je m'auto-riz-erais juste à dire, concernant sa sauce, que je me suis "efforcée " -mais je ne prétends pas être cordon  (d'encre) bleu - de faire du riz complet  : créole pour le riz-re, blanc pour l'innocence, épicé pour la tension, gluant pour l'asservissement entre les deux protagonistes de l'histoire, digeste pour la lecture. Quant à savoir si ce riz long grain sera jugé riz-dicule ou sera p-riz par un éditeur, seul l'avenir nous l'éc-riz-ra. Croisons les baguettes !

Bernard Kouchner... VRP Taureau Ailé !!! Et saurais-tu, David (question à Deux kilos de riz), qui est le VRP Oncle Benz , par hasard ? 
:)) 

Merci pour tes éc-riz-s, qui me font tant riz-re ! Tu devrais être remboursé par la sécurité sociale, sans riz-re !

réponse de : Koryfée (site web) le: 11/07/2007 13:29:56
Ne me sentant pas de taille à rivaliser avec ces coms si bien écrits, juste un mot pour te dire que je découvre ton blog, que je suis séduite par ton écriture et que je vais le ratisser largement....
commentaire n° : 5 posté par : dany (site web) le: 11/07/2007 02:12:01
Dany, il n'y a aucun complexe à avoir à déposer un commentaire ici, au contraire ! Si cet écran se faisait miroir, alors vous verriez le sourire qui illumine mon visage, sourire de bonheur né de la découverte de votre passage.  Vos propos me touchent infiniment. Vraiment ! 

Ratissez, ratissez ! Puisse chaque passage de votre râteau sur le gravier de mon petit jardin nippon vous procurer un bonheur aussi grand que celui que j'éprouve à en découvrir les arabesques.
 
Soyez donc la bienvenue et revenez aussi souvent que vous le désirez ! 
réponse de : Koryfée (site web) le: 11/07/2007 10:58:49
Mhouhahahahahahahahdésolé de rire de tes dé"boirs" :o)))))))) Chez moi tu dis avoir une gastro, une lessiveuse dans le bidon, des fuites... DE là a penser que tu as bouffé ta voisine du dessus!!!!!!!!!!!!!
commentaire n° : 6 posté par : Le Caribou (site web) le: 12/07/2007 14:09:15

Oui, ici c'est la Koryfête ! Entre l'appartement lessivé par la voisine et moi lessivée par les virus, il n'y a que du beau linge ! Venez, vous êtes tous conviés : masque, tuba, bouée canard , palmes sont recommandés. Ici, on riz beaucoup ! Sauf moi qui riz jaune ;-)
Mais je n'ai pas mangé la voisine, je te rassure, enfin pas encore, car après la gastro-enté-riz-te, je crains la c-riz-e de foie, déjà qu'elle m'a valu des c-riz-es de foi en sa santé mentale (a t-on idée de lancer une lessive sans brancher le tuyau d'évacuation d'eau du lave-linge, et ce quatre fois en quatre ans?).
Période Soldes : deuxième démarque : brade voisine à -70%, la solde-riz du siècle !

Bienvenue à toi, le Caribouuuuuuuuuuu !

réponse de : Koryfée (site web) le: 12/07/2007 15:11:10
Life is so amazing..figurez vous chere Koryfigue, que l'autre soir, je me suis retrouvée à un diner...a cote de Christian Oster, que je ne connaissais pas....
most interesting man !
commentaire n° : 7 posté par : Tatiana de R (site web) le: 24/07/2007 18:42:26

Incredible ! Ou quand deux coups de coeur littéraires donnent lieu à deux rencontres coups de coeur. :)

Koryfigue serait-elle devin ? (elle parle surtout d'elle-même à la troisième personne, alain-delonisée depuis qu'elle a été intronisée  grand mage ;-)  )

La prochaine fois que j'associerai mes impressions de lecture de l'un de vos romans à celui d'un autre auteur, qui souhaitez-vous  que je choisisse en vue d'une probable rencontre ultérieure ? :-)

Et autre fait troublant  : je pensais à vous justement ce matin  ! Aussi ai-je tressailli en découvrant votre passage en ces lieux ce soir. Je déballais un colis contenant un petit jardin nippon miniature avec des galets spongieux à humecter d'un parfum d'intérieur. Je regarde le parfum offert avec cet adorable ensemble et découvre qu'il s'agit de ... fleurs de figuier ! Et, of course, de penser immédiatement à vous. Mon appartement témoin des dégats causés par Le coeur d'une autre (et son absence de cervelle surtout) ,suite à la Spirale des inondations, va embaumer le figuier ! Et les fleurs de figuier d'effacer La mémoire des murs, cette odeur de renfermé tenace liée à l'eau qu'ils contiennent encore. Le nom de l'auteur de ces méfaits ? Si Elle s'appelait Sarah ? Que nenni, votre adorable Sarah ne lui ressemble pas du tout . Non, Le voisin du dessus est Marié(s), père(s) de famille, mais n'a aucun lien de parenté avec Sarah et ne risque pas d'être invité à un Dîner des ex locataires fréquentables de l'immeuble où du Moka sera bien sûr servi (je vous en garderai une part with a cup of tea ).

Ravie de votre passage ici, Tatiana !

Signé : Koryf'-est-devin-et-l'ignorait !

réponse de : Koryfée (site web) le: 24/07/2007 21:58:14

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