| Novembre 2009 | ||||||||||
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En pèlerinage sur les terres de leur enfance, sa sœur s’apprête à lui révéler un secret quand c’est …l’accident.
Crash. Clash. Flash.
La voiture quitte la route.
Mélanie est grièvement blessée.
Ses souvenirs réveillés non exprimés : « la nuit dernière, je me suis souvenue de quelque chose, c’est à propos de… ». De quoi ???
Dans les couloirs de l’hôpital, en proie à une angoisse paroxystique tandis que sa sœur lutte entre la vie et la mort, Antoine se retrouve face à lui-même et dresse le bilan de son existence. Un constat amer, la mort rodant partout, tel un vautour avide de proies : Clarisse, sa mère, décédée dans des circonstances mystérieuses 33 ans plus tôt, la mort de son couple, l’agonie de l’estime qu’il se porte et de l’intérêt qu’il trouve à son travail, et, ajouté à cela, un père acariâtre et des tendres têtes blondes devenues des ados ingérables. Antoine se sent perdu, vidé, éteint.
Seule une question térébrante l’anime : quelle révélation sa sœur s’apprêtait-elle à lui faire ?
Dans ce roman écrit avec une extraordinaire fluidité, un style vif et dépouillé, Tatiana de Rosnay met en exergue avec brio l’impact des secrets de famille et des non-dits sur les proches. Comment un arbuste peut-il devenir un arbre de haute frondaison si ses racines sont fragiles car ancrées dans une terre aride de souvenirs, d’explications ? Comment faire de ce terrain stérile un terreau fertile, propre à l’épanouissement, à la renaissance ? Antoine est conscient qu’il ne pourra se reconstruire sans consolider ses fondations. Reste à trouver la force d’affronter ce secret familial. Cette force inespérée lui viendra d’une femme très sexy, sensuelle, incarnation d’Eros et de Thanatos, une bikeuse quadra dont un secret d’enfance à jamais scellé a décidé du choix de carrière : la belle Angèle, thanatopratrice. Celle dont embellir le visage de la mort est le quotidien va par sa présence et son amour renvoyer le boomerang de la vie à cet homme. Parce qu’il se sent exister dans son regard, il va se sentir exister tout court.
Mené à tombeau ouvert, telle la Harley d’Angèle lancée sur le passage du Gois à la marée montante, ce roman poignant, haletant, mêle avec dextérité suspens, amour, humour. On s’emballe, on pleure, on rit, on se fond dans les pages, on se coule dans l’encre, emportés par les tourbillons du talent.
‘ Boum, quand notre cœur fait boum, tout avec lui dit boum et c’est la vie qui s’éveille’. Boum, boum, boomerang ! Une déflagration d’émotions.
Citation p 349 : « Chaque mot qui sort est comme une naissance, quand la fraîcheur de l’air vient frapper le corps nu et fragile de l’être expulsé du ventre de sa mère. » Ou quand les mots pansent les maux…
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